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Nouvelles du CEN

 

 
 
Perspectives étudiantes : Catherine Deslauriers
1er septembre 2022
 
 

Catherine Deslauriers est étudiante à la maîtrise en sciences géographiques à l’Université Laval sous la direction de Pascale Roy-Léveillée et de Michel Allard. Son projet de recherche porte sur l’évolution du régime thermique du pergélisol et les manifestations géomorphologiques de sa dégradation dans les sédiments glaciomarins fins près de Kangiqsualujjuaq au Nunavik.

Dans la série de textes "Perspectives étudiantes", la direction du CEN invite des étudiants et étudiantes membres du CEN à partager leurs expériences et leurs perspectives concernant les études, le terrain ou la vie quotidienne.

 

La géographie m’a interpellée il y a quelques années à la suite d’expériences à l’étranger. L’envie de comprendre comment différents paysages naturels se sont mis en place s’est fait ressentir et j’étais curieuse d’en apprendre plus sur les populations humaines qui vivent dans cette variété d’environnements. De plus, la protection de l’environnement me tient beaucoup à cœur. La géographie et la science me paraissaient une façon d’y contribuer.

En dehors des études, je continue d’être émerveillée par des phénomènes qui touchent la géomorphologie, la géologie et les environnements glaciaires. Récemment, je me suis rendue aux Tablelands dans le parc national du Gros-Morne à Terre-Neuve. Ces hauts plateaux aux roches orangées, pratiquement dénués de plantes, se distinguent des montagnes avoisinantes, qui sont elles recouvertes de végétation; à l’exception de certains sommets plus en altitude, qui s’apparentent plutôt à un environnement de toundra.

Les travaux du géologue Robert Stevens dans les années 1960 ont permis d’apporter des éléments de preuve qui démontraient plus solidement la théorie de la tectonique des plaques, encore controversée à cette époque. Il a découvert de la chromite, un minéral commun dans la péridotite et la serpentinite, deux types de roches qui composent les Tablelands. Il est rare de pouvoir observer ces roches à la surface de la Terre; elles se trouvent normalement très en profondeur dans le manteau de la Terre, sous la croûte terrestre. Robert Stevens a démontré que la chromite des Tablelands ne provenait pas d’intrusions de magma dans les roches sédimentaires, mais qu’elle était plus vieille que ces roches.

L’histoire va ainsi : deux plaques tectoniques sont entrées en collision il y a près d’un demi-milliard d’années, puis l’océan Iapetus s’est formé. Lorsque celui-ci s’est refermé, une nouvelle collision a poussé une partie de la croûte océanique et du manteau de la Terre vers le haut à cet endroit. Finalement, un nouvel océan s’est formé, l’océan Atlantique tel que nous le connaissons.

Lorsqu’on se déplace à l’extrémité de la péninsule Nord de Terre-Neuve, il est possible d’assister à un autre phénomène spectaculaire. Un long couloir marin se nommant la Iceberg Alley suit les côtes nord et est de Terre-Neuve, tout près du Labrador. On y voit défiler chaque année de majestueux icebergs formés de glace vieille de 10 000 ans en provenance du Groenland, qui se détachent de la calotte glaciaire au printemps. Certains icebergs se retrouvent piégés quelques jours près des côtes ou dans des baies, puis poursuivent leur route jusqu’à St. John’s ou fondent complètement avant d’y parvenir.

De quoi inspirer plusieurs artistes, comme l’artiste visuelle Christine Koch, qui puise son inspiration dans la géomorphologie des paysages nordiques comme on en retrouve à Terre-Neuve. Elle a également travaillé comme artiste en partenariat avec plusieurs équipes de recherche dans l’Arctique.

 
 
 

 
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