Réseau SILA

La création du réseau SILA (qui signifie climat en Inuktitut), un réseau d'observatoires permanents des changements climatiques et environnementaux nordiques, par le Centre d'études nordiques a été rendue possible entres autres grâce au Programme d'appui au financement d'infrastructures du Ministère de la Recherche, de la Science et de la Technologie du Québec.

L'objectif général du réseau SILA est de caractériser, quantifier et évaluer les changements environnementaux dans huit zones bioclimatiques du Québec et de l'Est de l'Arctique canadien. Le réseau SILA compte actuellement 100 stations environnementales à acquisition automatique de données réparties dans ces zones. Les huit sites d'intérêt ont été choisis en fonction des enjeux environnementaux propres à chacune des zones bioclimatiques. Ces sites sont distribués le long d'un axe, de la forêt boréale à l'arctique sur 36 degrés de latitude. Il s'agit de sites expérimentaux et instrumentaux servant de référence dans de vastes programmes de recherche dans chacune des régions.

Voici la description des huit sites, du sud vers le nord :

 

1. Observatoire de Charlevoix

 

Cet observatoire est situé dans le secteur du parc des Grands-Jardins et comprend deux stations automatisées. Une station de référence de dix mètres est située dans une pessière à lichen près de la rivière Malbaie. Cette station est dotée de dendromètres ainsi que de capteurs atmosphériques. La seconde station située dans le parc des Grands-Jardins consiste en une station satellite prenant des informations sur un îlot de pergélisol au sommet du Mont du lac des Cygnes. Cet îlot de pergélisol est la représentation la plus méridionale de ce phénomène en territoire québécois.

 

2. Observatoire de Radisson

 

Cet observatoire est situé dans le secteur de Radisson (LG2) avec quelques postes satellites reliés par télémétrie dans un rayon de 300 km dans le complexe La Grande. Le poste central de Radisson met à profit les cinq stations climatologiques du CEN réparties autour du réservoir LG2. L'instrumentation de l'observatoire vise les deux objectifs suivants : 1) Évaluer la combinaison de facteurs qui affectent la productivité des forêts dans un contexte de changement climatique, et 2) Améliorer la capacité de mesure des apports en eau en tenant compte du cycle de l'eau dans les différents écosystèmes (sols, forêts et tourbières) ainsi que du cycle saisonnier de l'eau. Des stations de dendrométrie et de piézométrie sont en place afin de répondre à ces objectifs.

 

3. Observatoire de Whapmagoostui-Kuujjuarapik

 

Cet observatoire joue un rôle central dans l'ensemble du réseau SILA. La station de recherche du CEN à Whapmagoostui-Kuujjuarapik est le principal poste d'accueil de chercheurs dans le nord du Québec. L'observatoire dispose d'un système d'enregistrement en continu de plusieurs variables environnementales dont les variables climatologiques courantes, le taux d'ozone et de mercure dans l'air et dans les précipitations (pour Environnement Canada et l'INRS-ETE) et la radiation solaire (dans le cadre du projet international AERONET de la NASA). L'installation d'une station de mesure du rayonnement ultraviolet et d'une station limnimétrique vise à en faire un site de référence mondial en matière de rayonnement UV et de ses impacts sur différents écosystèmes via le cycle de l'eau.

 

4. Observatoire du parc des lacs Guillaume-Delisle et à l'Eau-Claire

 

Site d'un futur parc nordique du Québec, la région des lacs Guillaume-Delisle et à l'Eau Claire a fait l'objet de nombreuses recherches au CEN depuis 30 ans. Des instruments de suivi du pergélisol côtier sont en place au lac Guillaume-Delisle (collaboration avec le gouvernement allemand). La région du lac à l'Eau Claire est particulièrement riche au plan de la biodiversité, en effet, on y retrouve des écosystèmes représentatifs de zones plus nordiques. Une station climatologique du CEN est présente sur un île centrale du lac. L'instrumentation vise à cerner l'incidence des changements climatiques sur le régime nival régional, à suivre à long terme des conditions limnologiques du lac et à mesurer les facteurs ambiants contribuant au développement et au maintien de la biodiversité.

 

5. Observatoire de la rivière Boniface

 

La rivière Boniface se situe à la limite nordique des arbres. Les travaux qui y sont menés par le CEN concernent le dynamisme à long terme des différents environnements terrestres et aquatiques. Cinq stations climatologiques y enregistrent les conditions qui prévalent à la limite des arbres dont les contrastes climatologiques (air et sol) entre les milieux toundriques et les bosquets forestiers. La création de cet observatoire a permis d'instaurer un accès à distance en continu aux données par un système de communication satellitaire ainsi que d'enrichir et d'automatiser l'instrumentation en place. L'objectif visé est d'inscrire les recherches qui sont menées à cet endroit dans les réseaux internationaux tel que celui de l'IASC (International Arctic Science Committee) sur l'interface Taïga-Toundra dans le monde circumpolaire.

 

6. Observatoire de Salluit

 

Le village de Salluit est situé à l'extrémité nord du Québec dans une zone bioclimatique fort peu étudiée jusqu'à maintenant. La région a commencé à subir certains impacts liés au réchauffement climatique. L'objectif de cet observatoire est de caractériser, quantifier et catégoriser les effets potentiels des changements climatiques dans la zone à pergélisol continu. Des câbles à thermistances automatisés et six stations climatologiques sont en place. Il est aussi prévu d'ajouter un système de surveillance visuelle de variables fondamentales dans les changements environnementaux arctiques telles que la couverture de neige et de glace.

 

7. Observatoire de Bylot

 

L'île Bylot (73° N et 80° O) est située au nord de la Terre de Baffin au Nunavut au sein du parc national Sirmilik. Ce site est étudié depuis longtemps par les chercheurs du CEN parce qu'on retrouve, sur la plaine sud de l'île, une aire principale de nidification de la Grande Oie des neiges. Le site de Bylot est le deuxième plus nordique (après celui sur l'île Ward Hunt) du réseau de suivi climatologique du CEN, sept stations y sont en opération. Le site fait partie de réseaux de recherche tels que EMAN-Nord (Northern Ecological Assessment and Monitoring Network) et ITEX (International Tundra EXperiment). L'objectif de cet observatoire est de fournir un point de comparaison avec les autres stations du réseau du CEN en offrant une perspective régionale aux études climatologiques du CEN. Il s'agit d'évaluer la variabilité locale des conditions pour permettre d'établir si les différences observées avec les autres stations du CEN sont dues à des différences régionales ou à des effets locaux.

 

8. Observatoire de Ward Hunt

 

Cet observatoire de l'extrême nord du Canada est situé à 83° de latitude Nord et 74° de longitude Ouest, il est le plus nordique du continent. La station principale est localisée sur l'île de Ward Hunt à l'embouchure du fjord de Disraeli dans le parc national Quttinirpaaq. Les données de cette station alimentent les travaux sur les micro-organismes (extrêmophiles) vivant sur les plates-formes flottantes de glace amarrées au continent et sur les îles depuis 3000 ans. Une station satellite est située sur le continent près du lac A afin de fournir des données complémentaires pour les travaux limnologiques effectués dans la région.

 


 

 

Responsable : Denis Sarrazin

 

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