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Nouvelles du CEN

 

 
 
Des entrailles et des sols : l'école doctorale internationale du microbiome arctique à Whapmagoostui-Kuujjuarapik
24 juillet 2019
 
 
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Photo: © Pierre Coupel/Sentinelle Nord – Université Laval

Il y a quelques semaines, 18 doctorants et doctorantes de 10 nations et de tous les continents ainsi que 12 mentors ont pris l'avion tôt le matin au départ de Québec pour se rendre à Whapmagoostui-Kuujjuarapik. La mission était de participer à l'École internationale doctorale "Microbiomes arctiques" organisée par Sentinelle Nord (Université Laval).

Ce qui nous a tous réunis, c'est l'intérêt commun pour la vie microbienne (organismes invisibles à l'œil nu, notamment les bactéries, les algues phytoplanctoniques, les champignons et les virus). Ces groupes de vie omniprésents sont connus pour agir sur le bien-être humain depuis des siècles. Par conséquent, de nombreuses technologies dans le domaine de la microbiologie sont généralement motivées par la nécessité de comprendre les maladies ainsi que l'effet des microbes dans nos intestins sur notre santé. Néanmoins, la présence et l'effet de la vie microbienne dans nos écosystèmes est encore souvent une mystérieuse boîte noire. Parmi les conférenciers, conférencières et la communauté étudiante, une diversité de domaines s'est donc réunie, de la chimie analytique à l'astrobiologie et à la télédétection, pour finalement aboutir à plusieurs saveurs de la microbiologie arctique et antarctique pour comprendre et étudier l'état de la vie " invisible " de l'Arctique canadien.

Pendant 10 jours, nous avons fait l'expérience de toute une gamme de travaux sur le terrain dans des conditions climatiques variables, et avons eu la chance de monter à bord d'un hélicoptère pour voir des sites de pergélisol rares, de prendre un bateau dans la baie d'Hudson remplie de glace, de mesurer la contamination du sol et de faire des échantillons de cyanobactéries (organismes monocellulaires formant à cette endroit de gros tapis) de la taille d’une salade. Tout cela a été possible grâce aux conseils et à l'apport de mentors des plus renommés dans ces domaines ainsi qu'à l'état le plus récent de la technologie - malgré l'éloignement de la station du CEN. Cela nous a permis - dans les deux jours suivant l'échantillonnage - de séquencer les métagénomes et de tirer ainsi des conclusions sur les communautés de tous les sites échantillonnés.

De plus, nous avons eu l'honneur de nous joindre aux Cris pour la cueillette et la construction de tipis, la rôtisserie de saucisses au feu de camp, les échanges linguistiques et le contact avec la population locale dans un petit atelier scientifique au supermarché, pour partager des repas communautaires dans la fameuse cuisine, combattre les moustiques et les mouches noires, etc. Cette école a fusionné l'intérêt scientifique personnel et professionnel avec la compréhension de l'impact de nos recherches sur les communautés locales. La communication scientifique n'a pas seulement été faite ici pour les yeux d'enfants curieux, mais aussi en direct en streaming pour les visiteurs du National History Museum de Londres, juste avant de profiter d'une superbe dernière journée près de la baie d'Hudson, en regardant la glace fondre et dégoutter au soleil.


Maria Scheel (doctorante à l'Université d'Aarhus, Danemark)
 
 
 

 
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