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Jeanne Clermont

 

Étudiante 3è cycle

Département de biologie, chimie et géographie, UQAR

Campus de Rimouski
300 Allée des Ursulines
UQAR
Rimouski
Québec, Canada
G5L 3A1

4187231986 poste 1236
Jeanne.Clermont-Beaudoin@uqar.ca

 

 


 
 
 

Projet de recherche

Le mouvement et l’utilisation de l’espace du renard arctique : les rôles de la distribution des ressources, de la territorialité et des différences inter-individuelles

Les interactions entre prédateurs et proies influencent la biodiversité d’un écosystème. Néanmoins, les effets respectifs des forces ascendantes (des proies vers les prédateurs) et descendantes (des prédateurs vers les proies) sur l’abondance ou la répartition des proies restent à clarifier. Les mouvements et les comportements de recherche alimentaire d’un prédateur étant généralement déterminés par la répartition de sa proie principale, cette dernière influence indirectement la répartition des proies secondaires ou accidentelles. La notion de « paysage de la peur » a été inventée dans ce contexte, pour représenter la répartition du risque de prédation créée par les déplacements des prédateurs. Des différences inter-individuelles dans le mouvement peuvent aussi expliquer la variation dans l’utilisation de l’espace des prédateurs, et donc influencer le risque de prédation à l’échelle du paysage. Parmi les sources de différences inter-individuelles, le rôle de la personnalité dans l’utilisation de l’espace reste cependant à explorer, malgré l’accumulation d’indices suggérant la présence de spécialisations individuelles dans le mouvement.

L’objectif principal de mon projet de doctorat est de mieux comprendre le mouvement et les comportements de chasse d’un prédateur important de l’île Bylot (Nunavut), le renard arctique, pour évaluer l’influence de ces comportements sur les interactions trophiques. Pour ce faire, je tenterai d’expliquer la variation observée dans la quête alimentaire par la distribution des proies principales, les lemmings, et aussi par les différences inter-individuelles. En plus de mon objectif principal, j’explorerai les comportements territoriaux des renards, et tenterai de mieux comprendre comment la variation dans la répartition des ressources influence la territorialité. Nous étudierons les déplacements et comportements des renards grâce à des colliers munis de GPS et d’accéléromètres, que nous installerons sur les renards lors des captures. L’analyse combinée des données GPS et d’accélérométrie permettra entre autre de déterminer les parties des domaines vitaux des renards qui sont utilisées lors de leur quête de nourriture, de mesurer la taille des territoires, et d’identifier les déplacements associés à la défense de leur territoire, pour ensuite évaluer le lien avec la distribution des proies. Puisque l’abondance des lemmings est cyclique et varie d’une année à l’autre, on s’attend à voir des différences interannuelles dans le mouvement et la territorialité des renards. L’impact des mouvements des renards sur les autres proies comme l’oie des neiges devrait donc aussi varier entre les années. De plus, la nidification des oies devrait aussi expliquer la variation intra-annuelle (temporelle et spatiale) dans le mouvement des renards. Les données de mouvement permettront aussi de déterminer l’importance des différences inter-individuelles dans les comportements des renards, pour finalement évaluer le lien avec la personnalité (des traits de personnalité comme la témérité et l’agressivité seront notamment mesurés à l’aide de tests comportementaux lors des captures). Mon projet de doctorat permettra ainsi de connaître à une très fine échelle le mouvement et les comportements de prédation d’un prédateur important de l’Arctique canadien, et surtout de mieux comprendre comment la prédation influence la biodiversité locale.

 
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