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Léa Bussière

 

Étudiante 3è cycle

Département de géologie et génie géologique, Université Laval

Pavillon Adrien-Pouliot
1065 avenue de la Médecine
Université Laval
Québec
Québec, Canada
G1V 0A6

33612125865
lea.bussiere@ensegid.fr

 

 


 
 
 

Projet de recherche

Hydrogéophysique des buttes de pergélisol au Nunavik (Québec) et des traces reliques de pergélisol en Aquitaine (France) – apport à la compréhension de la paléo-recharge des grands aquifères aquitains par une étude de analogue

L’Aquitaine est un vaste bassin sédimentaire français qui renferme un système aquifère multicouches qui est exploité pour l’alimentation en eau potable. Au cours du Pléistocène, cette région a subi une succession de cycles glaciaires et interglaciaires qui ont influencé la recharge des nappes profondes. En particulier, des analyses géochimiques ont révélé récemment que le taux de recharge des nappes était faible au cours du Dernier Maximum Glaciaire (DMG – il y a 20 000 ans). Ce phénomène pourrait être dû à la présence du pergélisol qui aurait perturbé et limité l’infiltration des eaux. En effet, selon les reconstitutions paléo-environnementales, la région de l’Aquitaine lors du DMG était soumise à un climat périglaciaire avec la présence possible d’un pergélisol discontinu. Par ailleurs, les zones de recharge des aquifères sont aujourd’hui parsemées d’une multitude de petites lagunes circulaires dont la morphologie rappelle celle des mares de thermokarst présentes dans la zone de pergélisol discontinu en Hudsonie au Nunavik (Québec), Canada, et qui se forment suite à la dégradation de buttes de pergélisol riche en glace. Les lagunes d’Aquitaine pourraient donc être les vestiges d’anciennes buttes de pergélisol qui se seraient dégradées en mares de thermokarst lors du réchauffement climatique qui a marqué la fin du DMG. Par conséquent, elles constitueraient des reliques du paléo-environnement périglaciaire de l’Aquitaine.

Puisque le climat actuel au Nunavik est similaire à celui qui a régné en Aquitaine durant le DMG, les mares de thermokarst associées à la dégradation du pergélisol du Nunavik sont susceptibles de constituer des analogues aux lagunes d’Aquitaine.

L’objectif de cette étude est donc de vérifier l’origine thermokarstique des lagunes aquitaines par une analyse comparative avec les mares de thermokarst du Nunavik. Le secteur d’étude est celui d’Umiujaq car, en raison de la tendance au réchauffement climatique qui affecte l’ensemble du Nunavik, il contient non seulement de nombreuses buttes de pergélisol riche en glace en voie de dégradation mais aussi des mares de thermokarst. Un second objectif est de comprendre la dynamique de recharge des aquifères dans l’environnement de pergélisol discontinu d’Umiujaq, dans le but de cerner les processus de recharge des aquifères aquitains au cours du DMG.

L’approche envisagée est de comparer les propriétés hydrogéologiques et géologiques des sites français et québécois à travers des études sédimentologiques, géophysiques et piézométriques, afin de vérifier si les processus périglaciaires en cours à Umiujaq sont transposables en Aquitaine sous des conditions climatiques similaires. Les nombreuses données déjà disponibles sur le site instrumenté d’Umiujaq pourront être utilisées à cette fin.

En somme, cette étude comparative entre les mares d’Aquitaine et du Nunavik nous permettra de mieux comprendre les conséquences des cycles de gel/dégel qui se produisent en zone de pergélisol discontinu sur les échanges hydriques entre les eaux de surface et les eaux souterraines.

 
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