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Camille Coulombe-Potvin

 

Étudiante 2è cycle

Département de géographie, Université Laval

Pavillon Abitibi-Price
2405 rue de la Terrasse
Université Laval
Québec
Québec, Canada
G1V 0A6

418.609.1398
camille.coulombe-potvin.1@ulaval.ca

 

 


 
 
 

Projet de recherche

Étude spatio-temporelle du processus de boisement de la tourbière Chute-Panet, Saint-Raymond-de-Portneuf

Introduction

Plusieurs tourbières de l’est de l’Amérique du Nord sont présentement caractérisées par un développement marqué de leur couverture forestière. Ce processus de boisement ou d’afforestation, qui semble en accélération depuis les années 1950, est souvent le résultat d’activités anthropiques ayant lieu en périphérie (p. ex.: agriculture, urbanisation) ou directement sur les tourbières (p. ex.: canaux de drainage). De telles perturbations peuvent avoir pour effet d’abaisser le niveau de la nappe phréatique et d’assécher la tourbe en surface. Ces nouvelles conditions peuvent alors être propices à l’installation d’espèces non tourbicoles et au processus de boisement. En colonisant massivement la tourbière, les arbres contribuent eux-mêmes au processus d'assèchement via, entre autres, l’interception des eaux de précipitations et l’augmentation de l’évapotranspiration.

Objectifs

Les objectifs de mon projet sont de documenter la dynamique spatio-temporelle du processus de boisement de la tourbière (dynamique de colonisation et espèces impliquées), de retracer les impacts des activités humaines in et ex-situ, ainsi que d'établir s'il y a lieu une dynamique successionnelle chez les espèces arborescentes. Je testerai l’hypothèse que le boisement a été encouragé par les activités anthropiques in-situ et ex-situ de la tourbière, notamment le creusement des canaux de drainage.

Sites d'études

La tourbière Chute-Panet se situe à moins d’un kilomètre au sud de la ville de Saint-Raymond dans la MRC de Portneuf. D’une superficie de 251 ha, elle draine un bassin hydrographique de 5 km2. Il s’agit d’une tourbière ombrotrophe située sur une terrasse sableuse morainique à une altitude moyenne de 156 m. L’épaisseur du dépôt de tourbe est de plus de 3 m. La tourbière comporte une quarantaine de mares localisées majoritairement dans sa portion nord-est où se trouve un sentier d’interprétation. C’est cette zone qui sera particulièrement étudiée.

Matériel et méthodes

L’évolution spatio-temporelle du processus de boisement de la tourbière sera documentée à l’aide de photographies aériennes et d’une série d’images satellitaires à partir de 1948 (photo la plus ancienne). Pour différentes époques, la structure du couvert végétal sera cartographiée afin d’identifier les zones forestières versus celles non forestières. Les perturbations in-situ (p. ex. : canaux de drainage) seront documentées ainsi que l’évolution temporelle du paysage dans un rayon de 200 m autour de la tourbière (champs agricoles, forêts, milieux bâtis, etc.). La dendrochronologie sera utilisée afin d’obtenir un patron de colonisation de l’établissement des arbres. Pour ce faire, un inventaire et un échantillonnage de chacun des arbres présents le long de divers transects seront effectués. Quelques monolithes de tourbe de surface seront aussi prélevés en vue d’une analyse macrofossile afin de voir si des changements sont survenus au sein de la flore tourbicole

Résultats attendus

Cette tourbière, qui comporte de nombreuses mares, est en partie protégée par l’organisme de bassin versant de la rivière Sainte-Anne (CAPSA). Les perturbations anthropiques s’avèrent un véritable défi pour la CAPSA dans une perspective de conservation des nombreux milieux humides sur son territoire. En effet, l’assèchement de la tourbe et le développement accéléré du couvert arborescent peuvent permettre à des espèces « terricoles » de s’installer au détriment des espèces tourbicoles, ce qui entraîne une homogénéisation du paysage. À la suite de cette recherche, les connaissances obtenues pourront servir à la CAPSA afin de mettre en place des actions visant à protéger les secteurs de la tourbière plus à risque au boisement pour les prochaines années. Ultimement, nous voulons informer la CAPSA si un ou des secteurs de la tourbière, notamment celui ouvert où sont concentrées les mares et un sentier d’interprétation, constitue(nt) d’éventuelle(s) zone(s) à risque concernant le boisement

 
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