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Frédéric LeTourneux

 

Étudiant 2è cycle

Département de biologie, Université Laval

Pavillon Alexandre-Vachon
1045 avenue de la Médecine
Université Laval
Québec
Québec, Canada
G1V 0A6

514.943.3733
frederic.letourneux.1@ulaval.ca

 

 


 
 
 

Projet de recherche

Impact d'une libéralisation de la chasse sur la dynamique de population de la Grande Oie des Neiges

Les populations surabondantes, particulièrement celles présentant un comportement grégaire, peuvent avoir des effets néfastes sur leurs écosystèmes et les autres espèces qui les utilisent. C'est le cas de la grande oie des neiges (Chen caerulescens atlantica) qui a connu une croissance de population impressionnante à la fin du 20e siècle. Cette croissance est due principalement à un apport alimentaire anthropique à travers l'augmentation drastique de la superficie des terres agricoles en Amérique du Nord, ainsi qu'à l'établissement de zones protégées sur les aires d'hivernage et les haltes migratoires des oies.

Pour remédier à cette situation, les autorités concernées ont libéralisé les règlements de chasse associés à cette espèce. Notamment, une chasse printanière au Canada et une chasse hivernale aux États-Unis ont été instaurées en 1999 et 2009, respectivement, afin de limiter la croissance de cette population. Il s’agit d’une première pour une espèce migratrice depuis la signature de la "Convention concernant les oiseaux migrateurs" de 1916. La chasse est un outil très efficace pour limiter la croissance des populations, particulièrement pour l'oie des neiges, chez qui la mortalité à la chasse s’additionne presque complètement à la mortalité naturelle. On peut donc élaborer des règlements de chasse et estimer assez précisément l'impact qu'ils auront sur l'espèce visée.

Mon projet vise à déterminer l'impact des changements de règlements de chasse sur la mortalité et la dynamique de population de la grande oie des neiges. Plus précisément, j'étudierai l'impact de l'ajout des mesures de gestion aux États-Unis en 2009. En combinant des données de réobservations et de recaptures d’oies marquées et de retour de bagues d’oies tuées à la chasse, je déterminerai comment les changements des mesures de gestion ont fait varier le taux de survie des jeunes et des adultes. Les données du suivi à long terme de l'Île Bylot récoltées depuis 1990 permettront d'expliquer la variation spatiale (Nunavut, Québec, États-Unis) et temporelle (avant vs après 2009) du taux de survie des oies. Il a été démontré que l'instauration de la chasse de printemps au Québec a causé un dérangement ayant un impact négatif sur la reproduction des oies par l’intermédiaire d’effets reportés. J'essaierai donc de déterminer si l'ajout de mesures similaires aux États-Unis a accentué ces effets depuis 2009. Nous disposons aujourd’hui d'assez d'années de données pour pouvoir isoler ces effets des fortes variations inter-annuelles typiques des écosystèmes arctiques.

Ce projet permettra de réévaluer la situation de la grande oie des neiges et de déterminer si la pression de chasse actuelle est optimale. Il permettra aussi d'approfondir nos connaissances de l'effet de la chasse et de son dérangement sur les populations d'oiseaux migrateurs nichant dans l'Arctique. Finalement, ce projet permettra de mieux comprendre les impacts anthropiques liés à l’exploitation des espèces nicheuses sur les écosystèmes nordiques.

 
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