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Anne Cotton-Gagnon

 

Étudiante 2è cycle

Département de géographie, Université Laval

Pavillon Abitibi-Price
2405 rue de la Terrasse
Université Laval
Québec
Québec, Canada
G1V 0A6

418.925.9911
anne.cotton-gagnon.1@ulaval.ca

 

 


 

Direction

 
 

Projet de recherche

Comparaison de la régénération de sapin baumier et d'épinette noire dans un contexte d'épidémie de la tordeuse des bourgeons de l'épinette

Depuis 2006, la superficie défoliée par la tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE) double chaque année, atteignant en 2015 plus de 6 millions d'hectares (MFFP 2015). La Côte-Nord est le plus grand foyer d’infestation en zone boréale avec presque 60% des aires défoliées en 2015. Depuis 2011, on observe de la mortalité chez les arbres situés dans des secteurs sévèrement défoliés depuis plusieurs années. Bien que la régénération préétablie soit un facteur de haute importance en ce qui concerne l'avenir de nos forêts, très peu d'études se sont concentrées sur la façon dont celle-ci est affectée par la TBE, encore moins de manière directe (et non par reconstitution grâce à la dendrochronologie). Également, sachant que des coupes visant à récolter les peuplements affichant des taux de mortalité importants (coupes de récupération) ont débuté à certains endroits sur la Côte-Nord, il est important de se questionner sur l'effet que celles-ci pourraient avoir sur la défoliation subie par la régénération préétablie. Dans les prochaines années, la coupe de récupération post-TBE risque de devenir un enjeu économique majeur en zone boréale et la réduction de son impact passe par une compréhension des processus écologiques affectés par l’épidémie en cours. Jusqu’à maintenant toutefois, nos connaissances sur les effets de la récolte de forêts perturbées ont surtout porté sur celles affectées par le feu, et quelque peu sur celles affectées par le dendroctone du pin ponderosa dans l'Ouest canadien. La présente étude vise à combler les lacunes concernant l'impact d'une épidémie de la TBE et de la coupe de récupération dans une forêt perturbée par la TBE sur la régénération préétablie de peuplements mixtes de sapin baumier et d'épinette noire.

Un dispositif permanent installé depuis 2006 sur la Côte Nord par Ressources Naturelles Canada permettra de mieux comprendre « en direct » les modifications que subit la régénération préétablie de la forêt boréale au Québec dans un contexte d’épidémie de la TBE et de changements climatiques. De plus, avec les coupes déjà réalisées et celles qui sont planifiées dans ce secteur (principalement des coupes avec protection de la régénération et des sols), il sera possible de comparer la défoliation subie par la régénération préétablie de peuplements récoltés à celle de peuplements témoins ayant aussi été attaqués par la TBE.

Les objectifs spécifiques sont, premièrement, d'évaluer l’effet de la hauteur ainsi que de la largeur des semis et des gaules sur leur taux de défoliation. Deuxièmement, d'évaluer l’effet de la composition de la voûte forestière des peuplements à l’étude sur la défoliation subie par la régénération préétablie. Troisièmement, de comparer l’impact de la coupe de récupération sur la régénération dans des peuplements mixtes de sapin baumier et d'épinette noire à des peuplements avec composition similaire n’ayant pas subi de coupe, afin de déterminer l’impact de la récolte des arbres matures sur la défoliation subie par la régénération préétablie.

Les résultats démontrent que les individus plus grands et plus larges subissent davantage de défoliation par la TBE, probablement parce qu’il y a plus de chance qu’une chenille tombe sur un plus gros individu plutôt que sur un plus petit individu. Les tiges de régénération de sapin baumier sont généralement davantage défoliées que les tiges d'épinette noire. Pour ce qui est de l’effet de la composition du peuplement, la régénération préétablie dans les peuplements à dominance de sapin est généralement plus défoliée que la régénération préétablie dans les peuplements à dominance d’épinette. Ensuite, nous pensions que les coupes de récupération pourraient possiblement réduire la défoliation subie par la régénération préétablie, puisque en enlevant les arbres matures constituant la voûte forestière de peuplements attaqués, les sites de ponte préférés des papillons femelles de la TBE deviennent absents dans ces peuplements et ainsi l’abondance des larves risque d'y être moindre. Cependant, bien qu'on observe une telle tendance dans les résultats, ce n'est pas ressorti significatif dans nos modèles.

 
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