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Laurence Turmel-Courchesne

 

Étudiante 2è cycle

Département de phytologie, Université Laval

Pavillon Paul-Comtois
2425 rue de l'Agriculture
Université Laval
Québec
Québec, Canada
G1V 0A6

418.656.2131 poste 6340
laurence.turmel-courchesne.1@ulaval.ca

 

 


 
 
 

Projet de recherche

Restauration sur tourbe résiduelle minérotrophe: retour de la végétation et des flux de carbone

Les activités d’extraction de la tourbe pour production de substrat horticole ont un impact sévère sur les tourbières principalement en raison de la nécessité de retirer la végétation et de drainer le site. Une fois les activités industrielles terminées, les conditions résiduelles sont peu propices au rétablissement de la végétation tourbicole. S’ensuit une perte de services écologiques associés aux tourbières naturelles, par exemple la capacité à capter le carbone atmosphérique et à le séquestrer dans la tourbe. Non seulement ces tourbières n’agissent-elles plus à titre de puits de carbone, mais elles se transforment en sources de carbone à long terme pour l’atmosphère.

Une méthode de restauration a été développée afin de rétablir la fonction de séquestration du carbone et les communautés végétales typiques des tourbières ombrotrophes (bogs). L’extraction de tourbe en bog peut parfois mener à l’exposition de couches sous-jacentes ayant des caractéristiques physico-chimiques typiques des tourbières minérotrophes (fens). Dans ce cas, il est plus approprié de restaurer vers un écosystème de fen que vers un bog. Toutefois, aucune méthode de restauration spécifique à une tourbe résiduelle minérotrophe n’a encore été développée. Plusieurs essais à petite échelle ont été réalisés, mais les résultats sont moins probants lorsque transposés à grande échelle. Au Canada, seulement un projet de restauration de fen à l’échelle de l’écosystème en contexte post-restauration a été mené. Plus de connaissances sont donc nécessaires à l’élaboration d’une méthode de restauration efficace adaptée aux conditions résiduelles minérotrophes. Le remouillage et la fertilisation phosphatée sont deux stratégies prometteuses en vue du rétablissement des communautés végétales typiques des fens, ainsi que de la fonction de séquestration du carbone.

Ce projet fait suite à la restauration d’une tourbière du sud-est du Manitoba présentant une tourbe résiduelle minérotrophe. Il vise à comparer les effets du remouillage par blocage des canaux de drainage, de la fertilisation, du reprofilage par nivellement et rafraîchissement des surfaces et d’une combinaison de ces actions sur le retour d’une végétation typique des fens naturels. Il vise aussi à évaluer l’efficacité des stratégies de restauration à rétablir des flux de carbone (dioxyde de carbone (CO2) et méthane (CH4)) typiques des fens naturels. Un secteur témoin n’ayant subi aucune action de restauration, ainsi qu’une tourbière naturelle, tous deux adjacents aux secteurs restaurés, serviront de référence. Les flux de CH4 et de CO2 seront mesurés pendant deux saisons de croissance, soit avant et après la restauration, à l’aide de la technique des chambres fermées. La structure et la composition de la végétation seront évaluées à l’aide d’inventaires de végétation effectués en fin de saison de croissance, après restauration.

Ce projet contribuera au développement de stratégies de restauration adaptées aux conditions résiduelles minérotrophes dans un contexte post-extraction. Il permettra aussi d’évaluer l’efficacité de ces stratégies à promouvoir le retour d’un écosystème fonctionnel ayant une végétation typique des fens naturels et la capacité d’accumuler de la tourbe.

 
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