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Heloïse Barbel

 

Étudiante 3è cycle

Département d'histoire, Université Laval

Pavillon Camille-Roy
1, côte de la Fabrique
Université Laval
Québec
Québec, Canada
G1R 3V6

sans objet
heloise.barbel@live.fr

 

 


 
 
 

Projet de recherche

Vers une économie de marché coloniale ? Archéologie de l’habitat inuit au XIXe siècle au Labrador septentrional à la fin du Petit Âge glaciaire, changements d’accessibilité aux ressources de subsistances et réponses culturelles

Introduction

Dans quelle mesure les économies de subsistances des Inuit non-sédentaires étaient-elles orientées par des finalités commerciales et/ou par un changement des conditions d’accès aux ressources marines hivernales au sortir du Petit Âge glaciaire ? Un mode d’habitat fondé sur le regroupement de plusieurs maisons semi-souterraines unifamiliales et une économie de chasse diversifiée traduirait-il une volonté de concilier une structure sociale communautaire avec les potentialités économiques d’une trappe opportuniste ? Dans quelle mesure les différences entre le portrait des occupants des maisons semi-souterraines et celui des occupants d’une cabine de trappe permettent-elles d’inférer sur les dynamiques liées aux changements non seulement économiques, mais également sociaux et culturels associés à ce changement des modes d’habitat au XIXe siècle ?

À travers une étude d’écologie historique et de l’archéologie de l’habitat, définie comme un continuum entre archéologie de la maisonnée et archéologie du paysage, ce projet doctoral adopte une triple perspective zooarchéologique, géoarchéologique et phénoménologique afin de documenter la chronologie et la saisonnalité d’occupation du site South Aulatsivik 6, les modes de subsistance des Inuit qui l’ont occupé, et les conditions environnementales locales durant le XIXe siècle.

Sites d'études

Le site South Aulatsivik 6 (HdCi-20), situé au large de Nain (Terre-Neuve-et-Labrador), est constitué de huit maisons semi-souterraines unifamiliales et d’une cabine, dont l’occupation est postérieure à celles des maisons. Les données préliminaires suggèrent une perpétuation d’un habitat communautaire associé à une économie de subsistance autosuffisante diversifiée et une trappe occasionnelle au milieu du XIXe siècle, puis l’abandon des maisons semi-souterraines à la fin du XIXe siècle et la réoccupation du site par une famille habitant la cabine.

Matériel et méthodes

L'étude taphonomique des dépotoirs associés aux maisons semi-souterraines du site South Aulatsivik 6 sera combinée à une étude taphonomique expérimentale afin de documenter la chronologie des occupations du site et les processus syn- et post-dépostionnels de formation de ces dépôts. Les analyses zooarchaologiques et isotopiques des restes archéologiques (ossements, coquilles, artéfacts) permettront de documenter les économies de subsistance des personnes ayant habité les structures et les conditions environnementales locales durant ces occupations du site.

Résultats attendus

Les archives moraves indiquent que, si certains Inuit se convertirent et s’établirent à proximité des missions, où leurs activités se concentrèrent sur l’exploitation de ressources alimentant le marché colonial, d’autres Inuit perpétuèrent une mobilité résidentielle saisonnière. Les implications tant sociales que culturelles, voire spirituelles, de l’adoption d’une subsistance centrée sur la trappe à la fourrure rappellent la nécessité d’envisager les réticences possibles des Inuit à opter pour ce modèle économique. Par ailleurs, les choix des Inuit concernant leurs économies de subsistance ont possiblement été influencés par un changement dans les conditions d’accessibilité aux ressources au courant du XIXe siècle, marqué par la fin d’une période de péjoration climatique, le Petit Âge glaciaire (∼1350 – 1850).

 
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