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Florence Lapierre Poulin

 

Étudiante 2è cycle

Département de biologie, chimie et géographie, UQAR

Campus de Rimouski
300 Allée des Ursulines
UQAR
Rimouski
Québec, Canada
G5L 3A1

418.723.1986 poste 1236
florence.lapierre.poulin@hotmail.com

 

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Projet de recherche

Vulnérabilité des tanières de reproduction du renard arctique (Vulpes lagopus) aux changements climatiques dans le Haut Arctique canadien

Introduction : Les changements climatiques et l’écologie animale sont finement reliés. Cette interaction est notamment observable dans la façon dont le changement du climat peut modifier la structure physique des habitats utilisés par la faune. Dans les milieux froids, les manifestations de telles altérations sont fréquemment observées en raison des propriétés physiques de l’eau.

En effet, le gel de l’eau forme de la glace, une caractéristique inhérente aux climats polaires qui exerce une très grande influence sur la structure des habitats. Cependant, de nombreux modèles climatiques prévoient un réchauffement qui, en raison du dégel, risque d’entraîner des changements géomorphologiques importants pouvant affecter l’écologie de nombreux animaux.

Par exemple, les renards arctiques (Vulpes lagopus) creusent et utilisent des tanières dont ils dépendent pour s'abriter et se reproduire. Dans le Haut Arctique, une caractéristique de ces tanières est qu’elles sont situées dans un sol gelé (pergélisol) difficile à creuser, si bien que les mêmes tanières sont utilisées année après année, parfois pendant des siècles. Les renards relèvent de la stabilité de ces tanières pour l’élevage des jeunes, une étape cruciale de leur cycle vital. À l'Île Bylot, certaines tanières qui ont été suivies pendant plusieurs années sont maintenant effondrées, ce qui soulève des questions quant à vulnérabilité de ces structures face aux changements climatiques.

Objectifs : Je vais donc utiliser les renards de l’île Bylot comme modèle d’étude pour explorer l’interaction entre le changement du climat et l’écologie faunique en poursuivant trois objectifs :

(1) Caractériser le type de pergélisol dans lequel sont situées les tanières de renards arctiques.
(2) Évaluer dans quelle mesure la dégradation du pergélisol a pu provoquer l’effondrement de certaines tanières.
(3) Évaluer la vulnérabilité des tanières de l’île Bylot dans le contexte du réchauffement climatique à venir.

Site d'étude: Le site d’étude se situe dans l’Arctique Canadien, plus précisément dans la plaine Sud de l’Île Bylot (Nunavut, Canada). La population de renards arctiques y est suivie depuis 1993 et plus intensivement depuis 2003. Chaque année, de mai à août, environ 100 tanières, numérotées et connues depuis au moins 2003, sont visitées pour déterminer si elles sont utilisées par des renards. Quand c’est le cas, le succès reproducteur des individus est estimé. Certaines caractéristiques des tanières (nombre de terriers, présence de glace dans les terriers, nombre de terriers effondrés, etc.) sont de plus mesurées.

Méthodologie:

Objectif (1): À l’aide de techniques de géomorphologie, je vais caractériser la granulométrie et la teneur en eau du pergélisol à chaque tanière, ainsi que le type de sol dans lequel elles sont situées.
Objectif (2): Grâce à la base de données déjà présente, je vais caractériser l’ampleur de l’effondrement de tanières survenu dans la dernière décennie, et déterminer si ces effondrements sont corrélés à certaines caractéristiques du pergélisol.
Objectif (3) : À l’aide des scénarios de changements climatiques disponibles, je vais évaluer qualitativement la vulnérabilité des tanières connues selon le type de pergélisol où elles se trouvent.

Résultats attendus : Le dégel d’un pergélisol riche en glace est plus susceptible de créer une instabilité dans le sol et des mouvements de masse, créant ainsi des changements dans le paysage. De plus, les types de sol ayant une granulométrie fine favorisent la formation de glace de ségrégation, un processus qui forme des lentilles de glace lorsque le volume de glace dans le sol surpasse la porosité totale du sédiment. Le dégel de ces zones riches en glace favorise également l’instabilité des versants et les mouvements de masse rapides. Ainsi, je m’attends à observer une corrélation entre le nombre de terriers effondrés par tanière et un sol caractérisé par une forte teneur en eau et/ou une granulométrie fine.

 
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