Accueil | Nos membres | Nous joindre | English | |  

Samuel Gagnon

 

Étudiant 3è cycle

Département de géographie, Université Laval

Pavillon Abitibi-Price
2405 rue de la Terrasse
Québec
Québec, Canada
G1V 0A6

418.656.2131 poste 4508
samuel.gagnon.9@ulaval.ca

 

 


 
 
 

Projet de recherche

Analyse des processus de relargage du carbone contenu dans le pergélisol après 25 ans de réchauffement climatique

Les régions arctiques ont subi un réchauffement plus important que le reste de la planète au cours des 30 dernières années. Ce réchauffement a engendré une multitude de conséquences, dont le début du dégel du pergélisol. Le pergélisol contient à l’état gelé d’énormes réserves de carbone sous forme de matière organique et de végétation morte. Ce carbone menace maintenant d’être relâché en raison des hausses de température de surface, ce qui engendrerait une amplification de l’effet de serre. Malgré l’attention grandissante que les régions nordiques reçoivent, les études réalisées sur plusieurs décennies sont inexistantes et l’évaluation des conséquences du réchauffement du pergélisol sur plusieurs années demeure spéculative, fondée sur des modèles numériques ou restreinte à des observations de très courte durée.
Le premier objectif de mon projet de doctorat consiste à revisiter un site dans la vallée de la rivière Foucault, près de Salluit (Nunavik), qui a fait l’objet d’une étude en 1990 et d’évaluer comment le terrain a évolué au cours des 25 dernières années. Je compte mesurer comment les changements climatiques ont influencé le paysage et à quelle vitesse les changements ont opéré en utilisant la cartographie par analyse d’images satellitaires à haute résolution. Cela permettra d’élaborer des modèles mathématiques basés sur des données de terrain plutôt que sur des estimations afin d'évaluer quantitativement les effets qu’aura le réchauffement climatique sur des régions similaires. Nous prévoyons des pertes appréciables de volumes érodés dus à la formation de ravins d’érosion et des glissements de terrain.
Le second objectif est d’étudier les différents processus de relargage du carbone qui ont eu lieu au cours des dernières décennies. Je souhaite identifier ces processus et quantifier les pertes de carbone qui se sont produites afin de déterminer l’importance relative de chacun des mécanismes menant à la libération du carbone souterrain. La quantification de ces pertes est très importante parce qu’elle permet d’estimer la vulnérabilité aux changements climatiques du pergélisol et du carbone qu’il contient. Bien que les mécanismes de libération du carbone soient bien documentés individuellement sur de courtes périodes de temps, des recherches multi-décennales étudiant simultanément plusieurs processus demeurent fragmentaires et marginales. Nous nous attendons à mesurer une plus grande quantité de carbone disponible pour interagir avec l’environnement et un épuisement du carbone dans les couches supérieures du pergélisol.
Afin de mesurer les l’impact de la hausse des températures de l’air sur le paysage depuis 1990, j’ai l’intention de réétudier une dizaine de sites situés dans la vallée de la rivière Foucault, près de Salluit (Nunavik). Je vais effectuer plusieurs sondages et forages de 2-3 m afin de comparer la profondeur actuelle de la couche active (la couche qui dégèle en été et regèle en hiver) avec celle mesurée il y a 25 ans. Je vais également mesurer les changements survenus suite à la fonte des réseaux abondants de coins de glace cartographiés dans ce secteur.
L’analyse des carottes de sol en laboratoire permettra d’obtenir plusieurs informations sur la teneur et les propriétés du carbone stocké dans le pergélisol. En mesurant la teneur en carbone à plusieurs profondeurs, je pourrai déterminer s’il y a eu diminution du carbone dans les couches supérieures, c’est-à-dire les zones les plus vulnérables au réchauffement de surface, au cours des dernières années. Cette mesure est particulièrement importante puisqu’elle permettra d’évaluer à quelle vitesse les processus d’épuisement du carbone souterrain ont opéré et avec quelle ampleur. Je vais aussi prélever des échantillons de gaz s’échappant du sol et quantifier le carbone émis.
En somme, je prévois réaliser un projet de recherche qui n’a pas encore d’équivalent dans le domaine de l’impact des changements climatiques sur le pergélisol en misant sur une source unique d’informations pré-réchauffement et en revisitant un terrain de recherche avec des méthodes analytiques de pointe.

 
 

Communications scientifiques

Gagnon, S., Allard, M., Nicosia, A., 2018. Diurnal and seasonal variations of tundra CO2 emissions in a polygonal peatland near Salluit, Nunavik, Canada. Arctic Science, 4(1): 1-15. DOI: 10.1139/as-2016-0045.

Gagnon, S., L’Hérault, E., Lemay, M., Allard, M., 2016. New low-cost automated system of closed chambers to measure greenhouse gas emissions from the tundra. Agricultural and Forest Meteorology, 228-229: 29-41. DOI: 10.1016/j.agrformet.2016.06.012.

 
© 2018 Tous droits réservés | Adapté d'un design original de BinaryTheme.com