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Céline Dupont-Hébert

 

Étudiante 3è cycle

Département d'histoire, Université Laval

Pavillon Camille-Roy
1, côte de la Fabrique
Université Laval
Québec
Québec, Canada
G1R 3V6


celine.dupont-hebert.1@ulaval.ca

 

 


 
 
 

Projet de recherche

Paléoéconomie de la période de colonisation dans le district de Svalbarð, nord-est de l´Islande

Quand les norrois ont fait leurs premiers pas sur le sol islandais vers 871 ap.J-Ch., ils y ont vu une terre pleine de promesses. La forêt s’étendait de la côte jusqu’à très loin à l’intérieur des terres, la faune locale était abondante et le climat était plutôt clément (Vésteinsson 2000). En quelques décennies (début du 10e siècle), les zones habitables et vierges sur le littoral et dans les vallées accueillaient leurs premiers habitants (Vésteinsson 2000 ; Einarsson 1994). Les colons s’installèrent sur les meilleures terres et préparèrent le terrain pour les vagues d’immigration suivantes qui allaient devenir, en quelque sorte, les locataires de ces pionniers (Vésteinsson 2000; Karlsson 2000; McGovern et al.2007; Bolender et al. 2008). Ils ont mis en place un système agricole adapté à leur nouvel environnement : l’élevage de la vache, de la chèvre et du porc, pierre angulaire de l’économie de subsistance norroise traditionnelle, a été délaissé au profit de l’élevage du mouton, et la faune locale s’est taillé une place de plus en plus grande pour supplémenter l’élevage (McGovern et al. 2001; Perdikaris et McGovern 2008). Toutefois, ce système, en apparence adapté, allait être mis à rude épreuve par les générations subséquentes. Le déboisement allait favoriser l’érosion, le Petit Âge glaciaire (ca. 1250 à 1850) allait avoir un impact sur la croissance des végétaux et sur la survie du bétail, et la présence importante de la banquise dans les fjords affecterait l’approvisionnement de la population par les bateaux, tout en réduisant la température ressentie au sol, sans oublier la peste qui allait décimer la population (Fridriksson 1972; Amorosi et al. 1997; Ogilvie et Jónsdóttir 2000; Karlsson 2000, 1996; Dugmore et al. 2007; Brown 2010). Plusieurs établissements ont été abandonnés, transformés et réoccupés : des épisodes observés au 19e siècle, mais particulièrement fréquents et répandus de la colonisation, à la fin du 15e siècle. De récentes recherches archéologiques sur des fermes islandaises isolées démontrent qu’il y a eu des phases de changement dans le schème d’établissement. Les travaux effectués à ce jour au domaine de Svalbarð, une vaste seigneurie ecclésiastique, montrent la présence d’au moins trois phases de colonisation majeures suivies d’épisodes d’abandon, et ce, sur un millénaire (Amorosi 1992; Gísladóttir et al. 2010, 2011; Woollett 2008). Ces changements ont été accompagnés par des transformations économiques favorisant la croissance démographique, la subsistance et la productivité. Bien qu’ils aient été interprétés récemment dans le cadre de la théorie de la résilience (Redman 2005) comme étant des réorganisations socio-économiques encouragées et accélérées par les rythmes écologiques, la question de résilience et d’adaptabilité économique dans une perspective de longue durée et à l’échelle de la communauté n’a jamais été examinée dans une étude systématique en Islande. Les phases d’abandon correspondent-elles à des changements dans les pratiques économiques et peuvent-elles être associées aux événements historiques et écologiques connus pour cette période ? Le premier objectif vise l’identification des changements dans les activités de subsistance, et leurs impacts sur le système agricole à l’échelle locale durant la période de colonisation et la documentation de ces dernières au quotidien. Les premiers colons ont établi des domaines à l’intérieur desquels des dizaines de fermes locataires gravitaient. Ces fermes ont adopté des activités spécifiques à leur localisation. Il est donc logique de croire qu’un changement d’orientation économique affecte ces établissements de manière différentielle. Le second objectif de cette recherche vise à documenter la manière dont les premiers habitants ont utilisé la faune locale pour accompagner l’élevage. En effet, les ressources locales sont souvent interprétées comme étant des ressources d’appoint; cela étant dit, la manière dont s’articulent ces différentes pratiques reste à définir. Le dernier objectif est d’offrir une explication historique et écologique à ces transformations pour comprendre leur implication dans le processus de colonisation et d’occupation épisodique du territoire durant le Moyen Âge.
 
 

Communications scientifiques

Smiarowski, K., Harrison, R., Brewington, S., Hicks, M., Feeley, F.J., Dupont-Hébert, C., Prehal, B., Hambrecht, G., Woollett, J., McGovern, T.H., 2017. Zooarchaeology of the Scandinavian settlements in Iceland and Greenland: diverging pathways. Albarella, U., Rizzetto, M., Russ, H., Vickers, K., Viner-Daniels, S. (Éditeurs). The Oxford Handbook of Zooarchaeology. Oxford Handbooks in Archaeology, Oxford University Press. Oxford, Royaume-Uni.

Gísladóttir, G.A., Woollett, J., Ævarsson, U., Dupont-Hébert, C., Newton, A., Vésteinsson, O., 2013. The Svalbarð project. Archaeologica Islandica, 7(4): 65-99.

 
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