Émilie Champagne (Doctorat)

Pavillon Alexandre-Vachon
Local 3076
Université Laval
1045 avenue de la Médecine
Québec, Canada
G1V 0A6

Téléphone : (418) 656-2131 poste 8152
Courriel : e.champagne.1@gmail.com



Direction : Jean-Pierre Tremblay
Co-direction : Steeve D. Côté

Projet de recherche
Communautés végétales et interactions plante-herbivore: comment l'espèce, la qualité nutritive et la répartition spatiale des plantes environnantes influencent l'utilisation des plantes ligneuses par les grands mammifères

Les interactions trophiques plante-herbivore sont indirectes lorsque la consommation d’une plante par un herbivore est influencée par la présence d’une plante voisine. L’influence des plantes environnantes sur la sélection des herbivores a été décrite par des études sur l’approvisionnement des herbivores, mais aussi par des études sur les effets associatifs entre plantes. À cause de leur évolution parallèle, certains thèmes communs dans les études sur l’approvisionnement des animaux ont eu peu d’échos dans la compréhension des effets associatifs entre les plantes. L’objectif général de cette thèse est de comprendre les effets indirects des communautés végétales sur l’utilisation des plantes par les grands herbivores, dans le contexte des facteurs affectant l’approvisionnement. Premièrement, je me suis intéressée à la distance à laquelle une plante environnante influence la sélection, car l’approvisionnement est un processus spatialement hiérarchique. Grâce à une méta-analyse, je révèle que les plantes environnantes influencent l’utilisation d’autres plantes par les grands herbivores jusqu’à des centaines de mètres carrés. En étudiant les effets associatifs à l’île d’Anticosti (Québec, Canada), je démontre que les plantes environnantes peuvent augmenter ou diminuer le broutement du cerf de Virginie sur le sapin baumier, selon l’échelle considérée. Deuxièmement, j’ai testé l’effet de facteurs susceptibles d’influencer l’approvisionnement des herbivores sur les effets associatifs. Par exemple, la qualité nutritive des plantes environnantes augmentait le broutement sur les sapins. De plus, l’abondance relative des plantes de la communauté pouvait créer des effets associatifs: en Outaouais (Québec, Canada), les pins blancs étaient moins broutés dans les parcelles plus diversifiées où l’abondance relative des espèces préférées était plus faible. Ma thèse met en valeur l’importance d’incorporer une perspective animale, qui tient compte des objectifs et des contraintes qui génèrent les choix des herbivores, à l’étude des effets associatifs. De plus, elle propose des avenues de recherches prometteuses, comme incorporer la variabilité intraspécifique dans les traits fonctionnels des plantes, tel que leur qualité nutritive, et considérer les effets associatifs à plusieurs échelles spatiales. Ces travaux améliorent notre compréhension des interactions trophiques indirectes, en démontrant l’influence de facteurs comme l’abondance des ressources sur ces interactions. De plus, je propose un mécanisme potentiel, soit les comportements d’approvisionnement des herbivores, ce qui ouvre la voie à une généralisation des effets associatifs à différents systèmes.


Communications scientifiques
Champagne, É., Tremblay, J.-P., Côté, S.D.
, 2016. Spatial extent of neighboring plants influences the strength of associational effects on mammal herbivory. Ecosphere, 7(6): e01371. DOI: 10.1002/ ecs2.1371/supinfo.
Côté, S.D., Beguin, J., de Bellefeuille, S., Champagne, É., Thiffault, N., Tremblay, J.-P.
, 2014. Structuring effects of deer in boreal forest ecosystems. Advances in Ecology, Article ID 917834. DOI: 10.1155/2014/917834.
Plante, S., Champagne, É., Ropars, P., Boudreau, S., Lévesque, E., Tremblay, B., Tremblay, J.-P.
, 2014. Shrub cover in northern Nunavik: can herbivores limit shrub expansion? Polar Biology, 37(5): 611-619. DOI: 10.1007/s00300-014-1461-6.

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