| L’Île
Bylot est située à la pointe Nord de l’Île
de Baffin, Nunavut, Canada. Les communautés les plus proches
par lesquelles on peut accéder à l’Île
Bylot sont Pond Inlet (Mittimatalik) et Nanisivik,
toutes deux situées dans le Nord de l’Île
de Baffin.
La majorité de la superficie de l’Île Bylot
(11 100 km²) est recouverte par de hautes montagnes et des glaciers.
On y retrouve entre autres les Montagnes Byam Martin qui font
partie de la Cordillère arctique qui s’étend
de la côte Est de l’Île de Baffin jusqu’à l’Île
Ellesmere. Le reste de l’Île Bylot, plus particulièrement
sa plaine Sud, est caractérisé par de grandes régions à faible élévation
recouvertes d’une végétation très
diversifiée.
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Même si nos recherches sur le terrain
couvrent presque toute la plaine Sud de l’île
(1 600 km²), notre camp de base se situe dans une grande
vallée glaciaire (70 km²) à l’extrémité sud-ouest
de l’île (73°08’N, 80°00’W).
Cette vallée, appelée Qarlikturvik par
les Inuits, était presque entièrement recouverte
de glace il y a 10 000 ans. Il y a environ 6 000 ans, le
glacier a commencé à se retirer, laissant dernière
lui de fins dépôts glaciaires et une accumulation
de sédiments organiques qui forment maintenant le
sol du fond de la vallée. Depuis, l’action du
gel et du dégel a façonné le terrain
et lui a fait prendre la forme qu’on lui connaît
aujourd’hui.
En effet, le fond de la vallée est maintenant constitué d’un
assemblage de polygones, de mares de fonte et d’étangs.
La capacité de rétention d’eau de ces
composantes topographiques, combinée à la faible
capacité de drainage du pergélisol (couche
de sol gelé en permanence), contribua à la
formation des milieux humides de la vallée. |
La végétation caractéristique de ces milieux
humides se compose principalement de (Carex aquatique [Carex
aquatilis], Linaigrette de Scheuchzer [Eriophorum scheuchzeri]
et Linaigrette à feuilles étroites [Eriophorum
angustifolium]),
de graminées (Dupontie de Fisher [Dupontia
fisheri], Arctagrostide à feuilles larges [Arctagrostis
latifolia]
et Pleuropogon de Sabine [Pleuropogon
sabinei]) et de plusieurs espèces de mousses brunes.
En plus des milieux humides, on retrouve également des
habitats plus secs sur les versants de montagnes, les collines
et les plateaux surélevés qui entourent les basses-terres
de la vallée ainsi que les contours des polygones. Ces
habitats possèdent des communautés végétales
distinctes dont les plantes les plus communes sont les plantes
herbacées (Cassiope tétragone [Cassiope tetragona],
Dryade à feuilles entières [Dryas integrifolia],
Pavot arctique [Papaver radicatum] et Oxyrie de montagne
[Oxyria digyna]), les graminées (Arctagrostide à feuilles
larges [Arctagrostis
latifolia], Vulpin boréal [Alopecurus borealis],
Pâturin arctique [Poa arctica] et Luzule
trompeuse [Luzula
confusa]) et les arbustes (Saule arctique [Salix
arctica]
et Airelle des marécages [Vaccinium uliginosum]).
Ces habitats, généralement appelés milieux
mésiques, recouvrent 90% de la plaine Sud alors que
les milieux humides en représentent uniquement 10%.
Les milieux humides de la plaine
Sud de l’Île
Bylot représentent un des rares environnements arctiques
où la qualité et la productivité des
plantes sont grandes. Plus de 360 espèces de plantes,
10 espèces de mammifères et 74 espèces
d’oiseaux bénéficient de cet ‘oasis
polaire’. Représentant un site important pour
plusieurs oiseaux migrateurs, l’Île Bylot a été déclarée
Sanctuaire d’oiseaux migrateurs en 1965.
Parmi les espèces d’oiseaux migrateurs profitant
de la végétation abondante des milieux humides
de l’île, la Grande Oie des neiges (Chen
caerulescens atlantica) a retenu l’attention des
responsables du projet à la fin des années
80. La plaine Sud de l’Île Bylot possède
l’une des plus grosses colonies de Grandes Oies des
neiges au monde et les milieux humides de la Vallée
Qarlikturvik représentent le site principale pour
l’élevage des jeunes oies sur l’île.
Comme plus de 100 000 oies passent l’été sur
l’Île Bylot, cette espèce représente
sans aucun doute l’herbivore le plus abondant de l’île. |
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Mis à part les oies, on retrouve sur l’île
d’autres herbivores tels le Lemming brun (Lemmus sibiricus)
et le Lemming variable (Discrostonyx torquatus),
le Lièvre arctique (Lepus
arcticus), le Caribou (Rangifer tarandus) et le
Lagopède alpin (Lagopus mutus). Les principaux
prédateurs terrestres sur l’île sont le Renard
arctique (Alopex lagopus),
le Labbe à longue queue (Stercorarius longicaudus),
le Labbe parasite (Stercorarius parasiticus),
le Goéland bourgmestre (Larus
hyperboreus), le Grand corbeau (Corvus corax)
et le Harfang des neiges (Nyctea scandiaca).
Créé en 2001, le Parc
National Sirmilik comprend la majorité de
l’Île
Bylot, à l’exception de quelques territoires appartenant
aux Inuits. Ce nouveau parc national, d’une superficie
22 000 km², s’étend jusqu’à la partie
Nord de l’Île de Baffin et représente le troisième
plus grand parc national au Canada. Le nom Sirmilik, qui signifie ‘endroit
où il y a des glaciers’ en Inuktitut, reflète
sans contredit le complexe de glaciers et de calottes glaciaires
qui recouvrent la majorité de l’Île Bylot.

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