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    SAVOIR INUIT SUR LES OIES
  Introduction  
  Récolte du savoir  
  Camp ainés-jeunes  
  Savoir inuit sur les renards  
  Savoir inuit sur les oies  
  Questionnaire  
 

UTILISATIONS TRADITIONELLES ET IMPORTANCE CULTURELLE

Dans le passé et encore aujourd’hui, les familles inuit vivant dans la région de Pond Inlet ont toujours considéré la viande et les œufs d’oie comme une source alternative de nourriture. Par contre, plus l’informateur interviewé avait l’habitude de camper et chasser près de la colonie d’oies, plus il considère l’oie comme un met fin.

Avant l’établissement des familles inuit (et l’arrivée de la réfrigération), les oies étaient consommées immédiatement après avoir été chassée. Toutefois, certaines familles faisaient sécher la viande d’oie et l’entreposait dans une cache pour la consommer plus tard. Traditionnellement, des parties de l’oie étaient également transformées pour des usages domestiques. Les ailes étaient utilisées comme balais, la peau et les plumes cousues pour faire des matelas, le duvet utilisé comme bourrure et les pieds étaient utilisés pour faire des petits sacs. La trachée était même utilisée par les enfants comme flûte. De nos jours, certains ménages utilisent encore les ailes d’oies comme balais ou décorations pour les murs et le duvet est toujours utilisé pour doubler les vêtements.

Étant donné que l’arrivée des oies est un signe de l’arrivée du printemps, les oies ont toujours eu une valeur culturelle pour les familles inuit. Elles sont associées à l’espoir que la dureté de l’hiver est terminée.

ainée fabriquant une décoration à partir d’ailes d’oies © Catherine A. Gagnon

ÉCOLOGIE DE LA GRANDE OIE DES NEIGES

Cycle de mue

Les personnes interrogées durant le projet sur le savoir inuit ont été demandé de commenter sur le moment de la mue des oies ainsi que les endroits où elles se rassemblent pendant cette période. Parmi les 14 personnes ayant discuté de ce sujet, 12 ont rapporté que les oies non-nicheuses muent plus tôt que les oies nicheuses.

Quant à la période exacte où a lieu la mue, 6/14 informateurs ont mentionnés que la mue des oies non-nicheuses débute à la fin du mois de juin alors qu’un rapporte le début de leur mue à la mi-juillet. Neuf des 14 personnes interviewées s’entendent pour dire que la mue des oies non-nicheuse se prolonge jusqu’en juillet. Deux informateurs interrogés au début août ont également ajouté que les oies non-nicheuses cette année-là venaient tout juste de compléter leur mue alors que les oies s’étant reproduit étaient dans leur période de mue.

Pour les oies ayant nichées, 10/14 informateurs ont souligné qu’elles entreprennent leur mue quand les jeunes ont éclos et deviennent plus gros. Une personne a rapporté que ceci arrivent à la mi-juillet. Un autre informateur interviewé à la fin juillet a mentionné que les oies nicheuses allaient mue plus tard dans l’été alors qu’un autre indiquait que la mue était probablement déjà commencée au moment de l’entrevue.

En ce qui concerne les endroits où se trouvent les oies pendant la mue, 4/14 informateurs ont indiqué ne pas savoir si les oies non-nicheuses se ressemblent à un endroit particulier pour muer. Toutefois, 4/14 affirment que les oies nicheuses et non-nicheuses ne muent jamais au même endroit alors que 1/14 a indiqué ne pas savoir si elles muaient ensemble. Une personne a également mentionné que les oies, qu’elles soient nicheuses ou non, muaient sur l’Île Bylot. Certains ainés et chasseurs (2/14) ont aussi indiqué que les oies nicheuses se rassemblent autour des étangs pour muer et que les oies non-nicheuses muent plutôt dans les endroits surélevés (3/14). Toutefois, 1 chasseur affirme avoir déjà observé des oies nicheuses en mue en terrain plus accidenté.

Lorsqu’interrogé à savoir si les endroits de mue utilisé par les oies ont changé depuis leur jeunesse, le commentaire général était qu’il n’y avait pas eu de changement (4/7 informateurs ayant répondus) ou qu’ils ne le savaient pas (3/7).

Migration: migration automnale, routes et haltes migratoires

Parmi les 21 personnes inteviewés, 16 ont offert de l’information concernant la migration des oies. La majorité des ainés et chasseurs interrogés s’entendent pour dire qu’à l’automne les oies quittent la region de Pond Inlet de la fin août au début septembre (13/16), ou dès qu’elles retrouvent leur capacité de vol après la mue (3/16).

Quinze sur 16 personnes ont également indiqué que les oies quittent en petits groupes, mais 3/16 croient qu’ils se rassemblent en plus gros groupes plus au sud. Les routes de migration ont été notées sur des cartes et elles sont similaires que ce soit pour la migration du printemps ou de l’automne. Elles suivent un axe nord-sud à partir de la plaine sud de l’Île Bylot jusqu’au Nord de l’Île de Baffin. Les haltes migratoires où les oies se reposent et s’alimentent ont également été notes.

Tendances dans la taille de la population et la distribution

Les commentaires des ainés et chasseurs (13) face à la taille de la population d’oies dans la région de Pond Inlet n’étaient pas unanimes. Quatre personnes sur 13 ont mentionné que leur nombre n’a pas changé, 2/13 qu’il y a eu une augmentation, 2/13 qu’il y a eu un déclin et 5/13 informateurs ont indiqué ne pas savoir ou qu’ils ne pouvaient évaluer une tendance de la sorte. Quatre des 13 ainés et chasseurs ont indiqué que la taille de la population varie d’année en années. Par contre, un commentaire unanime fut que les oies sont plus dispersées que par le passé (12/15 ayant commentés) et que les oies ne sont plus concentrées uniquement sur l’Île Bylot mais elles auraient colonisées d’autres sites (3/15). Un ainé a mentionné ne pas avoir observé de changement.

Quant à la population de l’Île Bylot, 8/15 personnes interrogées ont mentionnées avoir observé un déclin dans le nombre d’oies pour cette région. Quatre informateurs ont indiqué que les oies se trouvaient auparavant partout sur l’île. Six sur 15 ainés et chasseurs ont affirmé que les oies étaient si nombreuses dans le passé qu’elles ressemblaient à des bancs de neige, mais ce n’est plus le cas de nos jours. Ils ont aussi mentionnés que les oies semblent s’être déplacées vers l’ouest (5/15) et vers des régions surélevés de l’île (4/15). À différentes localisations, une augmentation et une diminution du nombre d’oies ont été notées.

D’après certaines personnes interviewées (3/10), ces changements ont été observés depuis que les biologistes ont commencé leur inventaire dans la région. Ceci correspond au début des années 80s. Deux informateurs sur 10 ont observé ces changements depuis les années 90s, 2/10 au cours des dernières années et 1/10 depuis les années 70s quand les fusils et les motoneiges ont commencé à être utilisé de plus en plus. Finalement, 2/10 ainés et chasseurs ont remarqué un changement dans la population d’oies depuis leur enfance (i.e. depuis les années 40s et 50s), le premier indiquant une augmentation alors que l’autre a noté un déclin.

Les recherches effectuées par les biologistes (11/14) et leur utilisation d’hélicoptère (9/14) ont été les causes possibles les plus souvent citées pour ces changements. L’augmentation de la pression de chasse (4/14) ainsi que l’utilisation de nouveaux équipements de chasse, tels les fusils et les motoneiges (6/14) ont également été mentionnés comme des causes potentielles, de même que l’augmentation du trafic aérien près de Pond Inlet (2/14) et une augmentation de l’abondance des renards depuis l’effondrement du marché de la traite (2/14).

Lors des groupes de discussion pour vérifier la clarté des informations recueillies sur les changements dans l’abondance des oies, l’opinion générale était que dans l’ensemble les oies ne sont peut-être pas moins nombreuses, mais elles sont plus dispersées qu’elles l’étaient auparavant.